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Padilla : regarder le ciel et rendre grâce à Dieu

J’en ai fini avec la rééducation en kinésithérapie et orthophonie. Je travaille dur. La mâchoire s’adapte lentement et le corps réagit bien après avoir perdu 18 kilos. Je ne suis pas un héros. Après Saragosse, j’ai reçu de nombreuses lettres de personnes qui sont sorties de situations pires. Ça m’a beaucoup aidé. J’ai supporté mon accident avec humilité parce que je suis très chrétien. J’ai toujours été conscient des difficultés de la profession et de sa gloire. Le taureau est là pour attraper, j’y étais mentalement préparé.

A Olivenza, je serai habillé de vert et d’or, couleurs d’espoir, avec des motifs en feuilles de laurier. Le bandeau sur l’œil, c’est moi qui l’ai dessiné, avec l’aide d’Adriana Eslava. Il est assorti au costume, j’en aurai un différent pour chaque costume.

 

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Olivenza, 4 mars 2012, desplante de Padilla à un toro de Núñez del Cuvillo. Photo Maurice Berho

 

Je souhaite plaire et surprendre, toréer comme je l’ai appris tout au long de ma carrière et comme je le sens. Et je tiens à remercier les organisateurs. Ils m’ont prévu une saison de luxe. Ce qui ne m’empêche pas d’être très attaché au créneau que j’ai occupé pendant 18 ans en mettant en valeur les toros les plus durs.

Quand j’ai annoncé à ma famille que je retournais dans l’arène, ce fut le moment le plus glorieux. Ma femme ne le voulait pas, mais elle me voyait dans les couloirs de l’hôpital en train de donner des passes avec la serviette. Une fois rentré chez moi, j’ai compris que mon bonheur, c’était le toro. La première chose que m’a demandé ma fille Paloma, ça a été : « Papa, est-ce que je peux le dire à l’école ? ». Cela m’a donné une force et une volonté de me surpasser que personne ne peut imaginer. De même, le grand nombre de tweets « fuerzapadilla ».

Parvenir à à trouver le rythme du toro sans la vision d’un œil a été miraculeux pour ce qui est de la distance, la profondeur, le volume et la vitesse. Là où je ressens plus le handicap, c’est pour la passe de poitrine avec la sortie vers l’épaule opposée. Mais je ne veux pas qu’on me plaigne, je suis là pour la compétition. A Olivenza toute ma famille sera là. Je vais entrer dans l’arène, je vais regarder le ciel et rendre grâce à Dieu.

 

Juan José Padilla. Propos recueillis par José Luis Vadillo, "El Mundo". (trad. JJ)